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La voie de l'eau


La manière dont un Ninja se jouait de l'élément liquide est une pierre maîtresse de la légende du "guerrier de l'ombre". Rivière, eau croupie ou marécage, aucune protection entourant une place forte fortifiée n'était un écran efficace contre une attaque ninja. Le ninja était capable de réaliser des faits proprement incroyables pour l'époque grâce à un matériel ingénieux et adapté à chaque type de situation (Suiki, qui lui permettait de surgir soudainement d'une surface aquatique pour fondre sur des sentinelles paralysées devant cette apparition "impossible".

Tout ninja était un parfait nageur. Il pratiquait notamment une forme de natation verticale (Suiei-jutsu) qui lui permettait de progresser tout en maintenant son paquetage hors de l'eau (ou de tirer des flèches en se redressant soudain). Il avait également un parfait entraînement pour maîtriser sa respiration dans les conditions les plus difficiles, ce qui pouvait s'avérer particulièrement pratique dans les cas de lutte corps à corps : il lui suffisait de se laisser tomber à l'eau en entraînant son adversaire, puis de se laisser simplement couler au fond et attendre en le maintenant. Le ninja connaissait aussi la profondeur à laquelle il devait impérativement se maintenir, pour nager ou simplement s'immerger, afin de conserver au dessus de lui une pellicule protectrice suffisante contre les flèches, voire balles, qui pouvaient être tirées sur lui.

Un certain nombre d'astuces et d'instruments spécialement étudiés étaient parfois nécessaires dans le cas de certaines opérations plus complexes et, toujours, créer illusion, diversion, surprise. L'outil le plus élémentaire était le Mizu-zutsu, simple tige creuse en bambou, qui lui permettait de rester sous l'eau, immobile, à attendre le passage du danger. Par la suite, de simple "schorchel" primitif, le Mizu-zutsu évolua en pipe, voire en flûte, instruments parfaitement anodins aux yeux des plus soupçonneux, et dont il suffisait de colmater certaines orifices le moment venu, à l'aide d'argile ou de mousse, pour les rendre fonctionnels. Le ninja pouvait aussi emporter dans son écharpe, spécialement enduite pour l'imperméabiliser, une petite quantité d'air qui lui laissait un peu d'autonomie s'il devait choisir de disparaître rapidement sous l'eau. On va jusqu'à avancer l'idée de l'existence de coussins d'air confectionnées dans des peaux de lapins ou de cheval.

Parmi les légendes sur les pratiques du Ninja, figurait celle de cet étrange pouvoir qui le faisait "marcher sur l'eau". En fait, le Mizu-gumo était une sorte de raquette circulaire en bois qui permettait au ninja de se tenir debout dans l'eau, jambes à demi-enfoncées dans le liquide, s'équilibrant sur la poussée d'Archimède. Le Ukidaru, sorte de parapluie inversé, lui permettait également de se maintenir ou de se déplacer rapidement sur l'eau. Il y avait aussi le Uki-gusa, à mi-chemin entre la lanterne et la bouée cylindrique. Ces objets pouvait passer pour des outils de pêcheurs.

Les Shinobi-bune, Kagata-hasami-bune et Tsugi-bune étaient divers types de barques légères fabriquées en bois dur mais léger, pliables ou rapidement démontables en plusieurs éléments transportables séparément. Facilement opérationnelles, ces petites embarcations pouvaient être aisément cachées près de l'endroit stratégique, soit avant l'action, soit après. 

Le Ryu-o-sen, "la barque du dragon" était un sous-marin de poche. Il fut tellement efficace que le célèbre Hattori Hanzo conçu la parade sous la forme d'un chasseur de sous-marin (le Maruha-bune), qui battait l'eau de ses lames métalliques. Pour rappel nous étions au XVIIe siècle, la prémices de la guerre moderne était déjà là.

La pratique du Nin-jutsu aujourd'hui


Vous souhaitez devenir un ninja ou du moins adopter son mode de vie et pratiquer le nin-jutsu, je vous ici propose quelques bases de pratiques :

- Etude des arts martiaux classiques : découverte et progression en karaté, judo ou Aikido sont une base indispensable. Le but est d'acquérir une forme personnalisée de Tai-jutsu. Se rappeler que le Nin-jutsu insiste beaucoup sur l'utilisation du corps tout entier comme une arme, pour frapper, déséquilibrer, projeter, maintenir. 

Etude du Ninjutsu : une fois ces bases acquises inscrivez vous à des cours de Ninjutsu (attention aux arnaques et cours bidons). Il est indispensable de tomber sur un bon maître. Soyez prudents, consultez les forums et autres sites traitant du sujet avant de vous inscrire. Il y a beaucoup de charlatans qui surfent sur la vague ninja. 

- Etude des roulades et chutes : le propre d'un ninja est de jamais être surpris et de savoir retourner toute situation à son avantage. Travaillez progressivement sur un matelas en mousse (tapis de lutte) puis Tatami (tapis de judo plus ferme), puis surface herbeuse et enfin sol dur. Il faut apprendre à rouler, le corps en boule, en effaçant tout point fragile (tête, articulations) et à se relever aussitôt. Attention à ne commencer par aller au sol que doucement, et à ne prendre de l'élan que par la suite. Ne jamais faire ce type d'exercice en portant sur soi des objets durs.

- Courir : privilégier l'effort long, l'endurance. Parcourir une à deux fois par semaine, très régulièrement et par tous les temps, cinq à dix kilomètres, si possible dans la nature et sur terrain inégal. Puis faire le circuit en se chargeant, ou en s'encombrant d'un bâton lourd. S'arrêter parfois, contrôler sa respiration, prendre aussitôt une attitude immobile, d'observation. Faire par la suite des circuits de plus en plus accidentés, avec sauts de fossés, passages de rivières ou d'obstacles divers, grimper etc. Faire de temps en temps un circuit en ville, dans des rues animées, pour apprendre à esquiver les gens sans ralentir. Puis courir de nuit sur un circuit déjà connu, en utilisant le moins possible la lampe de poche (mais l'avoir sur soi). Courir courbé, ou latéralement, sans perdre de vue un point fixe.

- Entretien physique : garder la forme par un entretien physique et une musculation générale raisonnable.

- Natation : n'importe quelle opportunité en vacances, à la mer ou en piscine, peut vous donner l'occasion de travailler le souffle, en nageant sous l'eau, en vous laissant couler pour rester au fond, immobile le plus longtemps possible (soyez prudent tout de même).

- Exercices de la vue : s'entraîner à apprécier les distances, à voir plus loin puis à observer instantanément de très près, à scruter la nuit. Restez dans une pièce sombre et tenter de percevoir le contour d'objets dont vous connaissez l'emplacement précis. Observer une goutte d'eau qui se forme au coin d'une feuille, la voir grossir lentement, puis sentir l'instant précis où elle va se détacher. Observer un insecte et finir par le voir gros comme plusieurs fois sa taille. Se concentrer sur la flamme d'une bougie dans l'obscurité etc.

- Exercices de concentration : en particulier, savoir s'isoler en plein tumulte, oublier l'environnement (bruie, vue, odeur) pour se transposer mentalement ailleurs. Se concentrer dans une posture à genoux, assis sur les talons, immobile, en focalisant sur sa respiration. Affiner ses sens, percevoir même dans la pénombre, ce qui va bouger, anticiper mentalement le déclenchement d'un mouvement d'horlogerie. Faire un travail de minutie (par exemple défaire un noeud dans un fil mince) sous une pluie torrentielle, ou dans une bousculade, ou par très grand froid.

- Exercices de mimétisme : entrent dans cette catégorie tous les entraînements, souvent de nature insignifiante mais si efficaces, pour vous apprendre à vous fondre dans l'environnement, à exister tout en ayant disparu...S'astreindre à vivre une journée entière sans faire aucun bruit, jusque dans les simples gestes de la vie quotidienne (ce qui est très difficile), à ne pas parler, à bouger le moins possible, à ne pas faire craquer les marches d'un escalier etc. Pratiquer des exercices de camouflage en pleine nature vous permettant, par exemple, de vous laisser approcher par des animaux etc. Rester immobile le plus longtemps possible dans une position inconfortable, ou dans un endroit exigu.

- Entrainement de la perception : il recoupe certains exercices suggérés précédemment. Par exemple, repérer des lieux (votre propre appartement, où vous auriez disposé des meubles et des objets différemment) puis, la nuit venue, les parcourir rapidement sans rien heurter. Entraîner l'ouïe, l'odorat.

Exercices de survie dans la nature : s'entraîner à la vie en plein air avec tout ce que cela comporte de connaissances pratiques : repérage, orientation, alimentation etc.

- Se mettre au quotidien dans la peau d'un ninja : résister au froid et au chaud, être intouchable (essayez lors d'une heure d'affluence dans le métro), réussir une filature, reconnaître une trace, rester hors d'un champ de vision, au cours d'un déplacement etc. Et par dessus-tout, rester prêt à réagir à tout, instantanément, sans augmentation du rythme cardiaque, rester physiquement et mentalement disponible, avoir assez de maîtrise de soi pour savoir à tout moment donner le change, dominer chaque type de situation avec un sentiment d'indestructibilité, en voyant d’instinct ce qu'il vous sera possible de faire pour vous sortir de la situation.

En plus de ces conseils vous pouvez bien sûr constituer vous même votre programme. 

Goton-po, l'art de s'évader

Une très bonne année 2014 à tous les adeptes du ninjutsu et les fans du blog. Je n'ai pu résister de commencer l'année en illustrant cet article par cette femme ninja sexy. Nous allons commencer 2014 par un article sur l'art de l'évasion des ninjas.

"L'art" (Po) d'utiliser les "cinq (Go) manières (Ton)" de s'évader pour un Ninja, comprenant un ensemble de techniques regroupées en cinq grandes familles (soit la reproduction du schéma du Gogyo) :

- Do (chi)-ton-jutsu : méthode dite "de la terre" regroupant les manières d'utiliser le sol, les rochers et pierres, les murs, pour se cacher.
- Kin-ton-jutsu : donne les conseils pour utiliser des objets métalliques pour faire diversion, ou pour blesser (d'objets divers aux shuriken).
- Sui-ton-jutsu : rassemble tout ce qui concerne l'eau et la manière de maîtriser l'élément aqueux (marcher sur l'eau, respirer sous l'eau...)
- Moku-ton-jutsu : regroupe la connaissance de la flore, des plantes aux arbres, et se divise en Kusa-gakure (utiliser herbes et buissons pour se camoufler) et Tanuki (grimper dans les arbres et s'y cacher)
- Ka-ton-jutsu : regroupe l'usage du feu, du brouillard artificiel, des explosifs, des armes à feu, grenades et mines (Ki-ki) et donne cinq façons intelligentes d'utiliser les fumigènes.

L'évasion était indispensable aux ninjas pour s'échapper après avoir frappés leurs cibles ou quand ils se faisaient prendre par les gardes. Cela faisait la différence entre un shinobi mort ou vivant.   

L'entrainement des apprentis


L'entrainement des jeunes apprentis-ninjas était extrêmement difficile. Dès l'âge de cinq ans, filles et garçons recevaient le même entrainement ; jusqu'à dix ans les exercices développaient cinq qualités nécessaires au futur ninja : l'équilibre, l'agilité, la force, la souplesse, l'obéissance. L'un des exercices pour développer l'assurance et l'équilibre nécessaires à l'évolution sur le bord des toits, consistait à marcher sur une planche étroite que l'on élevait, de plus en plus haut, au fur et à mesure des mois.

Toujours pour acquérir la stabilité, les jeunes ninja s'entraînaient à marcher et à courir sur des lacs gelés durant l'hiver. Pour la vitesse, ils couraient avec un chapeau devant la poitrine. Si le chapeau tenait par la seule pression de l'air, alors le ninja avait trouvé l'altitude idéale pour courir longtemps sans fournir un effort démesuré (en utilisant un déséquilibre vers l'avant).

Pour s'accoutumer à la douleur causée par de longues nuits d'attente immobile, le futur ninja était pendu par les pouces, de quelques minutes à quelques heures. Pour développer la détente, poignets attachés, départ pieds joints ils s'exerçaient à sauter entre leurs bras. Une fois cette étape réalisée, ils devaient s'échapper d'un trou en bondissant. Au début, la fosse n'avait que quelques dizaines de centimètres mais au bout de plusieurs années, elle atteignait les deux mètres : la progression était lente. Vers l'âge de dix ans, ils commençaient l'étude des techniques propres à leur clan. Après des années, arrivés à maturité, ils étaient instruits des secrets du Ryu, s'ils en étaient reconnus dignes par tous les membres.

La divulgation de ces secrets entrainait la peine de mort, sentence toujours exécutée par un membre parental. Cette connaissance particulière, considérée comme secret de famille, fût parfois un exemplaire du Sonshi, ou du Tonko, ou encore des pratiques bouddhistes du Shugendo des branches Honzan et Tozan.

De surcroît, les secrets de famille comprenaient l'utilisation de certaines plantes comme remèdes ou poisons, le maniement d'armes particulières ; l'apprentissage de techniques psychosomatiques comme l'hypnose (saimin-jutsu). Tout était inscrit sur des rouleaux de parchemin (tori maki) et transmis de génération en génération.

Le Nicho-gama, la technique d'utilisation des Kama (faucilles)

La faucille (Kama) est un outil agraire très répandu dans toute l'Asie du sud-est pour couper le riz et la canne à sucre, qui fut rapidement tourné en arme de combat par les paysans face aux attaques des pirates, notamment sur l'île d'Okinawa. Il fut développé de nombreuses variantes, au niveau de la forme et de l'emmanchement de la lame (Nata-gama) et la longueur du manche.

Le ninja utilisant souvent cette arme par paire, l'une des faucilles ayant un manche long (pour parer en restant à distance) et l'autre étant plus courte (pour entrer en corps à corps). Le O-gama était un véritable fauchard à lame lourde pour attaquer les jarrets des chevaux ou balayer les cavaliers lourdement armés.

Dans les techniques de combat avec les Kama, il convient de placer correctement son corps pour accompagner les coups. Cette mobilité du corps doit aller de pair avec une bonne appréciation de la distance, ce qui détermine le contrôle du mouvement des lames. Avec ces armes le ninja était capable d'affronter même un samouraï armé pourtant de son redoutable katana.

Le Toiri-no-jutsu, l'infiltration d'un château



La prise d'un château ennemi par les ninjas se préparait parfois des mois ou des années en avance, bien avant qu'une guerre éclate. La grande force des ninjas étaient justement leurs capacités à anticiper les conflits et d'êtres prêts à toute éventualité. Le Toiri-no-jutsu regroupe des tactiques d'infiltrations d'un château ennemi en temps de de paix, on y trouve classés :


- Le Katsura-otoko-no-jutsu : le fait d'opérer seul sur un territoire ennemi
- Le Mimomushi-no-jutsu : technique qui consiste à placer "un vers dans le corps" en recrutant un proche du maître des lieux et en le faisant entrer en secret dans le réseau d'espionnage.
- Le Chikyu-no-jutsu : l'espion infiltré depuis longtemps est en repos. Comme on en a à nouveau besoin, il faut le réactiver.
- Le Yamabiko-no-jutsu : le ninja infiltré attend attend l'ordre de passer à l'action. Le signal lui parvient sous la forme d'un grand feu allumé quelque part dans la montagne.
- Le Taniiri-no-jutsu : infiltration de tout un groupe d'espions.
- Le Satobito-no-jutsu : s'appuyer dans le camp du futur ennemi, sur un opposant notoire, un ambitieux, prêt à prendre le pouvoir dès qu'on lui en fournit l'occasion.
- Le Hotarubi-no-jutsu : un ninja se charge d'un faux message et se laisse capturer.
- Le Kunoichi-no-jutsu : utilisation d'éléments féminins. Vivant auprès de l'ennemi, parfois parvenue au rang de favorite, la femme ninja joue un rôle essentiel (transmissions d'informations vitales, empoisonnement du seigneur du lieu...).
- le Fukuro-no-jutsu : technique de l'agent double, apparemment retourné (faire semblant de trahir un Daimyo, gagner la confiance d'un autre, puis revenir au premier).
- Le Joei-no-jutsu : envoyer le ninja sur le territoire ennemi lorsque la guerre est près d'éclater (l'ennemi alors trop occupé, ne se méfie plus, et c'est le moment psychologique pour intervenir.

Grimper comme une araignée

Un ninja était familiarisé dès son plus jeune âge à grimper aux arbres mais aussi sur les rochers et les toits les plus abruptes. En effet, grimper (Shoten-no-jutsu) faisait partie de la mission quotidienne d'un ninja. Le ninja devait le faire dans le plus grand silence ou en harmonie avec l'environnement ce qui constituait une grande difficulté : en effet, comment empêcher l'arrêt du coassement des grenouilles lorsqu'il fallait progresser dans un marais ou dans les douves d'un château ? Le ninja avait réponse à tout, il répandait une substance chimique à la surface de l'eau qui excitait les batraciens.

Le ninja escaladait essentiellement la nuit. Il savait grimper de ses mains nues mais le plus souvent il s'équipait de divers types de cordes plus ou moins rigides (Bashigo), de bâtons télescopiques (shinobi-kumade), d'ancres et grappins de toutes sortes (Kyoketsu-shoge), de gantelets de fer munis de crochets (Shuko ou Tekagi), de semelles à crampons (Ashiko)... ces deux derniers équipements permettaient aussi au ninja de s'accrocher au plafond avant de sauter sur sa proie, comme une araignée. 

Le Shuriken-jutsu, la technique d'utilisation des shurikens


Le Shuriken-jutsu est la technique de lancer des shuriken. Même si pour le ninja les shurikens ne constituaient qu'une petite partie de l'arsenal transporté, leurs effets furent si spectaculaires que la rumeur publique en grossit très vite l'importance pour finir par en faire l'arme représentative des guerriers de l'ombre.

Faciles à cacher, aux pointes souvent empoisonnées, ces armes de jet avaient un caractère destructeur, surtout sur courtes distances. C'est pourquoi de très nombreuses écoles anciennes d'arts martiaux au Japon ont incorporé ce qu'elles ont pu connaître de ces techniques dans leurs programmes d'entrainement. Les écoles les plus connues dans cette spécialité furent Ryusei-ryu, Takemura-ryu, Katori Shinto-ryu, Tenshi-ito-ryu, Shirai-ryu-shuriken-jutsu, Shinto-shobu-ryu et Kobujutsu Yo-ryu.

Il y avait deux types de shuriken : le Bo-shuriken qui se lançait à partir d'une prise pointe en avant (Yo-no-ken) ou pointe à l'intérieur de la paume (In-no-ken) et le Shaken qui était propulsé à partir d'une saisie entre le pouce et l'index et lancé à l'horizontale. Le Shaken fut ensuite décliné dans diverses formes et variantes. A l'origine le shuriken était juste un leurre destiné à faire du bruit en tombant puis il fut affuté pour devenir une arme mortelle à 10 mètre.

Le Kuji-Goshin-Ho


Une tradition prétendait que le ninja prêt d'être capturé pouvait à loisir disparaître dans un écran de fumée rien qu'en serrant entre ses dents un rouleau de texte contenant des formules réputées magiques et en entrelaçant ses doigts d'une certaine manière. Cette croyance reposait sur des racines très anciennes, plongeant au coeur de l'histoire des ninjas.

Cette technique permettait au ninja d'exercer sa volonté sur autrui ou d'agir sur lui-même, c'est le pouvoir du Kuji-Goshin-Ho. Les gestes de cette technique étaient réputés captiver à tel point l'attention d'un entourage ou d'un adversaire en particulier, que l'on peut y voir des gestes hypnotiseurs capables de figer un bref instant l'action en cours, paralysant momentanément l'ennemi. Le temps d'arriver à s'en détacher et le ninja avait disparu...il n'en fallait pas davantage pour accréditer le ninja de pouvoirs surnaturels. Cette technique a grandement contribué à semer la terreur parmi les ennemis des ninjas qui les prenaient pour de véritables démons.

L'art de la guerre : le chikairi-no-jutsu

Le chikairi-no-jutsu est un ensemble de stratégies et de techniques en temps de guerre. On y trouve différents types d'opérations d'infiltrations dans les lignes ennemies en temps de guerre :

- Nyukyo-no-jutsu : envahir le camp adverse à un moment opportun (pendant une action de défense, une sortie en force, une panique provoquée, etc...)

- Ryakuhon-no-jutsu : entrer dans le territoire ennemi et se faire passer pour un comparse

- Toshoku-no-jutsu : technique pour amener à merci un ennemi fortifié (en s'attaquant à la réserve de nourriture, en mettant le feu, en empoisonnant la citerne d'eau potable). Les quatre techniques suivantes recoupent celle-ci :

- Hoka-no-jutsu : créer la panique en mettant le feu à l'intérieur du château alors que les défenseurs sont occupés à le défendre

- Monomi-no-jutsu : découvrir le point faible du camp ennemi, du château à investir (ou de la maison ou réside l'ennemi)

- Geinyu-no-jutsu : provoquer l'agitation intérieure (exploiter les mouvements de mécontentement, incendier les arrières etc..), répandre de fausses rumeurs, soit dans le camp, soit dans les villages alentours au moment ou l'armée en marche est annoncée pour provoquer la panique

- Katagatae-no-jutsu : créer la panique et la confusion à l'intérieur du camp ennemi alors que les troupes viennent de le quitter pour tenter une sortie et qu'il n'y reste que quelques sentinelles ou valets

- Suigetsu-no-jutsu : créer des diversions pour pouvoir frapper l'ennemi au coeur

- Sansa-no-jutsu : entrer dans le camp ennemi en se joignant à ses soldats lors d'un rempli

- Yoja-no-jutsu : prendre l'apparence d'une personne d'apparence inoffensive (mendiant, infirme, fou...) pour pénetrer dans les défenses adverses

- Fukuro-gaeshi-zen-jutsu : échange de falsification de messages destinés à l'extérieur (demande de renforts etc...)

- Ryohan-no-jutsu : s'emparer d'un otage important pour faire pression

Les techniques de méditation



Les ninja étaient (sont) des adeptes de la méditation. Au fil des siècles, ils inventèrent des techniques de méditations Ninjas pour mieux vivre et guider leurs pensées et esprits dans le bon sens. Voici quelques exemples de ces techniques inventées :

Zen : la main droite couvre la main gauche et les doigts se touchent. Méditation pour mieux se connaître et se concentrer.

Zai : les index et les doigts se touchent. Cette méditation est utilisée pour connaître et contrôler la nature, car le ninja travaille avec elle.

Sha : Tous les doigts empoignés sauf les deux index qui pointent. Cette technique aiguise les sens de la guérison.

Il existait (existe) de nombreuses autres techniques secrètes utilisées souvent avant les missions et qui permettaient (permettent) au ninja d’être préparé aux imprévus qu’il ne manquera pas de rencontré...ces techniques ne nous sont cependant pas connues.

Le shinobi kenjutsu











Le shinobi kenjutsu est l’art des ninjas de maîtriser le sabre ninto ou ninjato, arme blanche à lame droite, de longueur proche de 50 centimètres (voir mon précédent article sur l’équipement des ninjas).

Contrairement à la pratique conventionnelle du kenjutsu, établie par les samouraïs, le shinobi kenjutsu s'affranchit du formalisme du bushido (voir mon blog rônins et samouraïs : http://samourai-ronin.blogspot.com/ ) pour ne considérer que l'efficacité. Coups de pied, de poing, attaques au visage avec la tsuka (poignée) ou la tsuba (garde), sauts (cho yaku jutsu), art de dégainer(de la main gauche notamment, ce qui n'était pas courant pour les guerriers conventionnels), faux étuis (saya)… Tous les coups étaient permis. Cependant, en dépit de l'aspect fantaisiste, il faut un excellent niveau de maîtrise du sabre pour se permettre de telles acrobaties.

En effet, le ninjato est un sabre un peu plus court, rectiligne et plus fragile que le katana, car souvent fabriqué à partir de restes de sabres récupérés sur des lieux de batailles par des gens ayant des possibilités et habiletés moindres que celles des forgerons spécialisés et reconnus. D'ailleurs, contrairement à ce que les samouraï appelaient « l'âme du guerrier », c'est-à-dire leurs armes, les pratiquants du shinobi kenjutsu considéraient leurs armes comme de simples outils sans valeur, et il n'était pas rare de voir des ninjato brisés ou abandonnés. Leur mauvaise qualité en faisait des armes inférieures au katana, leur utilisation était donc relativement limitée aux embuscades ou attaques rapprochées, plutôt qu'aux batailles rangées.

Le Ninjutsu

Le terme ninjutsu ou shinobi jutsu, désigne l'ensemble des techniques des ninjas, suivant les principes du ninpô. Cela comprend bien entendu des techniques de combat, et notamment l'utilisation détournée d'armes classiques, le combat à mains nues, mais aussi des techniques de camouflage (hensô jutsu, doton no jutsu), d'utilisation d’explosifs, de poisons...mais le ninjutsu comporte aussi des connaissances en médecine et mathématiques.

Le ninjutsu a été très médiatisé et fortement déformé par le cinéma, dans la continuité de la vague du cinéma d'arts martiaux après la mort de Bruce Lee.

Contrairement aux Bujutsu qui ont subi une transformation pacificatrice en Budo du XVIIIème au XXème siècle et a subit un enseignement de masse dès la fin du XIXè siècle, le ninjutsu s'est transmis de manière secrète à quelques personnes jusqu'aux environs de la 2è guerre mondiale.

A l'heure actuelle, l'école de Ninpo la plus connue et la plus médiatisée est le Bujinkan, de Masaaki Hatsumi. Masaaki Hatsumi, après avoir étudié divers Budo dans sa jeunesse, tire une partie de ses enseignements de Takamatsu Toshitsugu, qui aurait notamment été garde du corps personnel de l'empereur Po, en Chine.

Masaaki Hatsumi a ouvert son enseignement aux Gaijin (non-japonais), suite à l'arrivée, l'assiduité, le courage et la persévérance d'un israélien, Monsieur Doron Navon et de l'un de ses amis. C'est le premier non-japonais qui a eu accès au Ninjutsu en tant que "disciple". Hito Atashi(1921-2007), ninja secret qui était toujours en activité dans les années 70, parti du japon pour le Canada. Francois Chenier(1972-) élève personel de Hito fut son unique sucesseur, le seul héritier non japonais d'un style de Koga Ryu, d'après certaines rumeurs Hito aurait été l'élève secret de Saiko Fujita. Aujourd'hui rebaptisé Hito ryu ninjutsu.

D'autres personnes, se désolidarisant par la suite de Soke Masaaki Hatsumi, tel Shoto Tanemura, son cousin -policier- qui avait suivi simultanément les mêmes études et considérait son ouverture vers l'occident (essentiellement les USA avec M. Hayes) trop commerciale, ont décidé de transmettre leur vision au grand public, avec une rivalité commerciale et une polémique concernant l'authenticité des techniques.

Le ninjutsu, de part son image romanesque et cinématographique, a tendance à attirer des individus en quête de sensations ou d'imaginaire. Malheureusement, certains enseignants acceptent de jouer le jeu de ces élèves perturbés. Le ninjutsu est en effet depuis longtemps assombri par les désirs d'individus en quête de gloire, parallèlement à l'ignorance des réalités de la part des néophytes. C'est pourquoi, il est capital de chercher les informations à la source, si l'on ne souhaite pas se voir trompé par des charlatans n'ayant pour seule ressemblance avec un Ninja qu'un costume noir et quelques accessoires contemporains.

Le Ninpo prône les valeurs de la patience, de l'endurance, de la persévérance dans les difficultés, et donc du courage.