Qui étaient les maîtres-espions du japon médiéval?

Un ninja ou shinobi était un guerrier-espion dans le Japon médiéval. Le terme utilisé pour désigner une femme ninja est kunoichi . Les Ninja, dont le mot NIN signifie persévérance, en japonais, étaient (et sont toujours…) des gens à multiples facettes mais qui n'avaient besoin d'utiliser la violence que lorsque les circonstances l'exigeaient.

Leur technicité, en avance sur la majorité des connaissances de leur temps, et surtout leur ingéniosité mêlée d'audace leur a valu bon nombre de légendes dont certaines (notamment l'incompréhension quant au fait que les Ninja pouvaient "voler et marcher sur l'eau") ont généré les travers que l'on peut voir au cinéma aujourd'hui.

Dans l'imaginaire des Occidentaux et même des Japonais, image d'ailleurs largement colportée par les films, bandes dessinées... on représente les ninjas comme des guerriers vêtus de noir, une cagoule masquant leur visage, accomplissant des exploits physiques en combat, des acrobaties, et experts dans les techniques de dissimulation, d'empoisonnement, et surtout de diversion. Leur atout principal était leur furtivité et leur discrétion.

Les ninjas étaient en effet probablement issus de ces deux provinces voisines situées à côté de Kyoto. Ces provinces étant indépendantes, ils n'étaient redevables d'aucune taxe et jouissaient d'une liberté de mouvement que n'avaient pas les bushi (ou samouraïs), qui étaient eux inféodés aux daimyo (seigneur féodal) ; ils n'étaient pas non plus soumis au bushido (code de l'honneur du bushi), et pouvaient donc pratiquer des techniques de guerre non-orthodoxe (espionnage, guérilla, embuscades, assassinats).

N'étant pas liés aux grandes familles, celles-ci les utilisaient pour leurs basses besognes (pillages, assassinats). Une de leurs grandes spécialités était de s'introduire de nuit dans les châteaux et camps militaires et d'allumer un incendie, afin de faciliter l'assaut par des troupes classiques ; ils se déguisaient en général pour porter la même tenue que leurs victimes (ils n'étaient donc pas forcément vêtus de noir) afin de semer la confusion.

Par ailleurs, les familles nobles commencèrent à faire appels à des mercenaires (sans doute des ninjas) lors de la période Kamakura (1185-1333), période marquée par de nombreux conflits entres familles et assassinats. Ces pratiques, même si elles ne correspondaient pas au « canon » du bushido, ont donc très tôt été utilisées par le pouvoir et les seigneurs féodaux.

Aux yeux de la population, les ninjas, par leur activité criminelle (assassinat, vol, etc ...) et leur méthode peu orthodoxe (incompatible avec le code d’honneur des samouraï), faisaient partie de la classe sociale Hinin (non-humain). La caste des Hinin que l’on appelait péjorativement les « déchets de la société », comprenaient les criminels, mendiants, vagabonds et autres parias de la société.

1 commentaire:

Thierry Fievre a dit…

Bonjour,
Votre blog est intéressant mais je voudrais revenir sur votre dernier article. Pourquoi dire encore que les shinobi étaient des hinins alors que les grands textes japonais conservés et traduits prouvent le contraire (Bashenshukai, Ninpiden, Shoninki et..).
Les auteurs de ces textes étaient tous des maîtres shinobi mais en plus samouraï au service d'un seigneur. Hatori Hanzo en est le parfait exemple et les derniers travaux (Antonny Cummins, John Man et Steven Nojiri entre autres)sur les traces des shinobi appuient cette thèse. Arrêtons de voir ces personnes comme le fantasme et l'assassin que nous ont vendus les américains pendant des années au travers des films mauvais des années 80. Les seigneurs de guerre japonais n'avaient pas besoin de shinobi pour assassiner qui bon leur plaisaient (ex : l'assassinat de Oda Nobunaga par l'un de ses plus fidèles général). Certes tous les shinobi n'étaient pas au service d'un seigneur et donc ne vivaient pas dans le luxe mais ils étaient quand même estimés et recherchés pour leurs compétences. Lorsqu'ils étaient capturés, ils étaient torturés et tués comme dans n'importe quels autres pays ou un espion se faisait prendre. La préservation du secret est vital et un pays ne doit pas prendre de risque avec la fuite des renseignements. Faire un exemple en tuant les espions et un avertissement pour les autres qui oseraient essayer de nouveau.